Le moulin
Au cœur de Callian depuis plusieurs siècles, l’histoire vivante de notre moulin
Son histoire
Des origines médiévales au rachat des droits féodaux
L’histoirere des moulins de Callian s’ancre profondément dans le passé médiéval de la région. La première mention d’un moulin à blé remonte au milieu du XIe siècle dans le Cartulaire de Lérins, situé sur la rivière de la Siagne. À cette époque, le droit féodal obligeait les habitants à utiliser exclusivement les fours et les moulins du seigneur, en échange d’une redevance. Ce monopole fut contesté par les villageois et, le 14 avril 1585, la co-seigneurie des Grasse accepta de vendre ses droits seigneuriaux sur les moulins et les fours à la communauté de Callian pour 1000 écus et une rente annuelle. Cette transaction historique offrit aux habitants la franchise de mouture et la liberté de bâtir de nouvelles installations.

La naissance du moulin communal moderne

Lors des grandes gelées de 1956, une grande partie des oliviers de Callian furent détruits, marquant le déclin définitif de l’activité oléicole traditionnelle du moulin. C’est ce même événement qui poussa certains propriétaires, comme les Dior, à se tourner davantage vers la culture des fleurs à parfum.
C’est l’ordonnance royale du 30 septembre 1822 qui a permis de construire le moulin actuel, sa physionomie n’a pas changé. Il était jumelé à un moulin à farine, qui, lui, est en déshérence depuis le XXème siècle. Ces 2 moulins étaient actionnés par une arrivée d’eau prise sur la Camiole, donnant sur une roue à aubes, distincte à chaque moulin.
Le renouveau de 1976 et la tradition préservée
En 1976, un groupe de producteurs locaux décida de relancer le vieux moulin communal pour éviter de longs déplacements. La mairie accepta de louer le bâtiment (pour un loyer annuel de 500 francs de l’époque) à une association nouvellement créée. Bien que la force de l’eau ait été remplacée par un moteur électrique pour entraîner les mécanismes, l’association fit le choix stratégique de conserver la méthode ancienne de trituration. Aujourd’hui encore, le moulin utilise des meules de pierre rotatives traditionnelles pour écraser les olives et un système de pressage dans des scourtins.
Les fondateurs furent notamment Léon Rebuffel, qui devint président (tout en faisant le moulinier), Fernand Chabaud, Marcel Gagnard, Fernand Félix, Jeannot Veyan. Robert Winter était trésorier. Cette fonction a par la suite été assurée par Mme Aquet, puis par Élie Rebuffel, fils de Léon, par Gilbert Bottéro pendant plus de 10 ans avec un dévouement et une patience inlassable, et l’est aujourd’hui par Gilles Nerbonne (avec l’appui d’Elie Rebuffel). Côté présidents, Mme Simone Tesseire, Yves Simon, Marc Baudias, et aujourd’hui Jean Gault (avec Danielle Pomiro) ont pris la suite du fondateur. L’association est déclarée en préfecture, et est dotée d’un numéro SIRET.

L’économie des moulins
L’économie du Moulin à huile communal de Callian repose sur un modèle hybride associant trituration à façon et subventions publiques, permettant de pérenniser une méthode traditionnelle. Face à une forte demande locale, l’association entretient et modernise le matériel tout en respectant un mode de production de l’huile traditionnel, tout en valorisant ses résidus et en agissant comme un levier touristique pour la commune.
En 2023- 2024, le moulin de Callian a pressé 67 tonnes d’olives.